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LA CORSE

AUX MILLE VISAGES

 

Que j’aime parcourir l’île,

Dans mon automobile !

Je pars, de bon matin,

Explorer ses recoins.

 

Ah qu’il faut être habile,

Dans ses virages hostiles !

Cols pentus et ponts vains

Ne me laissent pas serein.

 

J’en connais toutes les villes,

Bien des villages tranquilles,

Que parfois je rejoins

Par d’improbables chemins.

 

Dans ses maquis stériles,

Sur ses pentes infertiles,

Je croise les volets ceints

De hameaux inhumains.

 

Dans ma course puérile,

Je guette leurs campaniles

Dont, parfois, les refrains

Se perdent dans le lointain.

 

Quand ses vaches versatiles

Ou ses brebis fébriles

Me bloquent dans l’incertain,

Je supporte mon destin.

 

Chaque saison, dans son style,

Rend resplendissante l’île :

J’admire la neige qui peint

Ses sommets olympiens.

 

Je goûte son herbe nubile

Et ses nouveaux pistils

Qui attirent les essaims,

Au printemps qui revient.

 

A l’automne, elle enfile

Ses rougeurs volatiles

Qui parsèment de carmins

Ses verts en contrepoint.

 

Si l’été se profile

Sur ses rivages d’idylles,

Je fuis foules et urbains

Dans ses parfums alpins :

 

J’y recherche un asile,

Loin des côtes en péril,

A l’ombre de ses grands pins

Qui prospèrent, souverains.

 

Très souvent, je jubile

Et contemple, immobile,

Ses nombreux sites divins,

Garé près d’un ravin.

 

Quand je reprends le fil

Des lacets qui défilent,

Toujours surgit, soudain,

Son bleu des fonds marins.

 

Enchanté par ses mille

Paysages si subtils,

Tard le soir, je reviens

Et m’endors, baladin.

 

28/10/06 et 30/03/10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mille visages parce qu'on nommait le rallye du Tour de Corse comme celui des mille virages.

Recoins : endroits reculés, perdus, où personne ne va

Hostiles : dangereux

Vains : en mauvais état, étroits

Pas serein : pas calme, pas en paix, je dois être attentif

Ceints : les volets sont clos, fermés, personne n'y habite

Inhumains : où il est difficile de survivre

Puérile : enfantine, pour m'amuser

Campaniles : clochers

Versatiles : capricieuses, changeantes

Fébriles : nerveuses, excitées

Style : à sa façon

Olympiens : calmes mais aussi grandioses

Nubile : toute jeune, d'un vert très tendre

Pistil : cur d'une fleur où se trouvent les étamines

Volatiles : qui ne durent pas, les feuilles vont tomber

Carmin : rouge, vermeil ; certains arbres rougissent

Contrepoint : en harmonie, c'est beau à voir

Se profile : arrive

Rivages d'idylles : magnifiques, paradisiaques

Urbains : habitants des villes, les touristes

En péril : en danger, menacées

Je jubile : je me réjouis, je suis heureux

Je contemple : j'observe, j'admire

Subtils : exquis, admirables

Baladin : au sens de joyeux et pour rappeler aussi, qu'après une grande balade

en voiture, on a un peu le mal de mer, tout comme certains baladins qui étaient trapézistes ou funambules.

 

 

 

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